Depuis la prise de fonction de Liam Rosenior en janvier, Chelsea affiche un visage nettement plus cohérent. Jeu vertical, transitions rapides, pressing assumé : les Blues ont retrouvé une dynamique qui leur permet de s’accrocher à la 5e place et de viser un retour en Ligue des champions.
Pourtant, les dernières sorties laissent un goût d’inachevé. Deux nuls concédés contre Leeds United (2-2) et Burnley (1-1) ont mis en lumière un manque d’efficacité et quelques largesses défensives en fin de rencontre. Une fragilité que l’Emirates pourrait cruellement exposer.
Le contexte n’aide pas. Arsenal reste la seule équipe à avoir fait tomber Rosenior depuis son arrivée, notamment en demi-finale de Carabao Cup. Une statistique qui nourrit un esprit de revanche côté bleu. Lors du match aller, Chelsea avait pourtant bousculé les Gunners dans l’impact, ces derniers s’en sortant avec un nul presque flatteur malgré une supériorité numérique.
Dimanche, les Blues devraient accepter de subir par séquences pour mieux contrer. Cole Palmer, en grande forme, sera attendu comme le métronome offensif.
L’animation passera beaucoup par les ailes pour étirer le bloc adverse. Mais l’infirmerie complique les plans : Marc Cucurella et Levi Colwill sont absents, tout comme les jeunes Estevao et Gittens. La suspension de Wesley Fofana oblige Rosenior à recomposer une défense déjà fragile, tandis que les retours de Romeo Lavia et Jörgensen restent incertains.
Arsenal, leader sous pression
En face, Arsenal avance sur un fil. Leader avec 61 points, la formation dirigée par Mikel Arteta a retrouvé des couleurs après un passage plus irrégulier en janvier-février. La démonstration contre Tottenham a rassuré sur le plan offensif, mais la constance demeure une interrogation.
Le défi des Gunners est autant mental que tactique. Capables de sublimer les grands rendez-vous, ils alternent parfois excès de confiance et moments de flottement. Dans la dernière ligne droite, la moindre baisse de tension pourrait coûter cher.
Bonne nouvelle néanmoins : l’effectif se densifie. Kai Havertz a repris l’entraînement et postule à une place dans le groupe, tout comme le capitaine Martin Ødegaard. Devant, Viktor Gyökeres, auteur d’un doublé dans le derby, cherchera à confirmer, soutenu par un Eberechi Eze aussi talentueux qu’imprévisible.
Plus qu’un derby, un tournant
Ce choc dépasse la simple rivalité londonienne. Avec seulement cinq points d’avance sur Manchester City, qui compte un match en retard, Arsenal joue gros. Un faux pas offrirait aux Citizens l’opportunité de reprendre l’ascendant psychologique dans la course au titre.
Le calendrier n’accorde aucun répit : les deux clubs sont encore engagés sur plusieurs fronts et se retrouveront en finale de coupe.
En Ligue des champions, Arsenal défiera le Bayer Leverkusen en huitièmes de finale, dans une partie de tableau perçue comme plus abordable.
Arteta le répète : ne pas se projeter, avancer match après match. Mais face à un Chelsea ambitieux et revanchard, l’équilibre reste fragile. Avant de rêver du trône d’Angleterre, Arsenal doit d’abord asseoir sa domination sur Londres.








