À peine Ruben Amorim écarté, Manchester United se retrouve une nouvelle fois face à l’urgence. Pour stabiliser une saison qui s’enlise, les dirigeants du club anglais étudient une option interne au passé récent : confier l’équipe à Ole Gunnar Solskjær jusqu’à la fin de l’exercice. Une hypothèse qui s’explique moins par la nostalgie que par le besoin immédiat de continuité et de maîtrise du contexte mancunien.
Sans club depuis son départ de Beşiktaş, le technicien norvégien ne fermerait pas la porte à une mission de courte durée. Son profil rassure : il connaît parfaitement l’environnement d’Old Trafford, les exigences médiatiques et une partie de l’effectif. L’idée serait d’assurer l’intérim jusqu’à l’été, période jugée plus propice à un choix stratégique de long terme.
Des résultats qui résistent au temps
Avec le recul, le premier passage de Solskjær apparaît comme l’un des plus aboutis vécus par Manchester United depuis la retraite de Sir Alex Ferguson, hormis l’ère Mourinho. Nommé fin 2018 en pleine saison, il avait rapidement redressé la trajectoire du club, concluant l’exercice à la sixième place avant d’installer une progression régulière.
Lors de ses deux saisons complètes, les Red Devils ont terminé successivement troisièmes puis deuxièmes de Premier League, retrouvant une place parmi les candidats crédibles au sommet. L’année 2021 a également été marquée par une finale européenne en Ligue Europa, perdue de justesse face à Villarreal après une interminable séance de tirs au but.
Sur l’ensemble de son mandat, Solskjær a dirigé 168 rencontres pour 91 victoires, un rendement rarement égalé par ses successeurs. Il demeure le seul entraîneur de la période récente à avoir franchi de manière constante la barre symbolique des 70 points en championnat et à avoir offert une vraie continuité sur plusieurs saisons.
Un intérim assumé, sans promesse d’avenir
Depuis son départ, Manchester United n’a jamais retrouvé cette forme de stabilité. Les passages de Ralf Rangnick, Erik ten Hag ou plus récemment Ruben Amorim ont été marqués par l’irrégularité, des tensions internes et une identité de jeu fluctuante. À l’inverse, sous Solskjær, plusieurs leaders de l’effectif affichaient leur meilleur rendement et l’équipe s’appuyait sur un modèle clair, basé sur la transition rapide et l’efficacité collective, notamment en déplacement.
Dans un contexte sportif dégradé et loin des standards européens, un retour du Norvégien ne serait pas perçu comme un nouveau départ, mais comme une parenthèse pragmatique. L’objectif serait avant tout de remettre de l’ordre, d’accumuler des points et de traverser la fin de saison sans heurts majeurs. Plus qu’un choix par défaut, ce scénario poserait une question simple : en attendant mieux, Manchester United peut-il réellement se permettre d’ignorer l’entraîneur qui, chiffres à l’appui, a offert ses dernières années de relative stabilité ?








