Skip to main content

Treize ans après avoir quitté la capitale espagnole, José Mourinho retrouvait mercredi soir le Santiago Bernabéu à l’occasion du barrage retour de Ligue des champions entre le Real Madrid et le Benfica. Des retrouvailles qui avaient tout d’un moment fort. Elles ont finalement pris la forme d’un accueil glacial, presque gênant.
L’entraîneur portugais, qui a longtemps incarné une ère intense et clivante à Madrid, pouvait espérer un minimum de reconnaissance. Certains de ses anciens fidèles, à l’image d’Álvaro Arbeloa, continuent d’ailleurs de défendre l’héritage du “Mourinhismo”, fait de caractère et de défiance assumée. Mais cette fois, aucune effusion, aucun chant, pas même un signe appuyé des tribunes : le silence a parlé pour tout le stade.
Une fracture ravivée
Si la mémoire sportive aurait pu adoucir l’atmosphère, une récente polémique a ravivé les tensions. En commentant l’affaire liée à l’insulte raciste visant Vinícius Júnior, Mourinho s’est attiré les foudres d’une partie des supporters madrilènes. Ses propos critiquant la célébration du Brésilien, jugée excessive, ont été perçus comme une attaque déplacée. Pour beaucoup, la ligne rouge était franchie.
Résultat : aucune marque d’estime publique, et un froid institutionnel palpable. Florentino Pérez n’a pas cherché à provoquer la moindre rencontre, symbole d’un éloignement désormais assumé. Même les liens autrefois solides semblent s’être effrités. À l’issue de la rencontre, le technicien portugais a quitté les lieux discrètement, restant à l’écart des caméras.
Héros à Lisbonne, souvenir à Madrid
Le contraste est d’autant plus frappant que du côté de Lisbonne, Mourinho bénéficie d’un tout autre traitement. Porté par une victoire convaincante (4-2) en phase de ligue, il est salué comme l’homme qui redonne de l’ambition au Benfica. Les médias portugais louent sa capacité à bâtir une équipe capable de rivaliser avec les cadors européens.
Mais cette réussite sportive ne suffit pas à réchauffer l’atmosphère madrilène. Entre 2010 et 2013, Mourinho avait pourtant marqué l’histoire du Real Madrid en brisant la domination du FC Barcelone, remportant notamment la Liga 2011-2012, la Coupe du Roi 2011 et la Supercoupe d’Espagne 2012. Un palmarès qui, autrefois, lui assurait une place à part dans le cœur des supporters.
Aujourd’hui, le constat semble tout autre. Le Real a avancé, tourné la page. Et celui que l’on surnommait le “Special One” apparaît désormais comme une figure du passé. Ce retour au Bernabéu, loin de relancer les spéculations, pourrait bien avoir définitivement refermé la porte à un improbable come-back.

Leave a Reply