Arrivé à Londres avec l’étiquette d’un attaquant puissant et direct, Viktor Gyökeres peine pour l’instant à s’imposer comme la référence offensive attendue à Arsenal. Malgré des résultats collectifs solides, l’avant-centre suédois affiche une influence et une efficacité bien en deçà des standards exigés chez les Gunners.
À l’aube de 2026, les attentes des supporters restent claires : voir Arsenal reconquérir la Premier League et s’appuyer sur un véritable buteur capable de convertir la domination en trophées. Si le collectif répond présent, le rendement du poste de numéro neuf continue, lui, de susciter le débat.
Des statistiques loin des attentes
Les chiffres de Gyökeres (27 ans) interrogent. En championnat, il ne compte que 5 réalisations en 1 167 minutes disputées, dont 2 sur penalty. Sans ces derniers, son bilan se limite à 3 buts dans le jeu, une production équivalente, voire inférieure, à celle de joueurs occupant des rôles très différents dans l’effectif. Leandro Trossard a inscrit 5 buts sans penalty, Bukayo Saka affiche 3 buts et une passe décisive depuis son aile, Eberechi Eze en totalise 4 depuis une position plus basse, tandis que Mikel Merino égale le Suédois avec 3 réalisations.
La comparaison avec les prédécesseurs au poste est encore plus parlante. Sur ses premières 1 000 minutes en Premier League, Gyökeres fait moins bien que tous les avant-centres ayant marqué l’histoire récente du club : Kai Havertz (14 buts), Thierry Henry (10), Gabriel Jesus (9), Dennis Bergkamp (8), Pierre-Emerick Aubameyang (7), Olivier Giroud (6), et même Marouane Chamakh (5). Recruté pour environ 73 millions d’euros en provenance du Sporting CP, il se situe aujourd’hui au bas de la hiérarchie historique des numéros neuf d’Arsenal au XXIe siècle.
Une intégration encore incomplète
Au-delà du simple rendement, c’est aussi son intégration dans le jeu qui pose question. Gyökeres est peu sollicité dans la surface et contribue rarement à l’élaboration des attaques placées. Face à Aston Villa (4-1), mardi, il n’a par exemple touché le ballon qu’une seule fois dans la surface adverse. Or, dans le système de Mikel Arteta, l’attaquant axial est attendu dans un rôle bien plus complet : pressing, décrochages, création d’espaces et participation au jeu de position.
Cette difficulté est d’autant plus visible que la concurrence interne s’intensifie. Le retour en forme de Gabriel Jesus et de Kai Havertz offre à Arsenal des options plus mobiles et mieux connectées au collectif. Dans une équipe qui domine aussi bien en Premier League qu’en Ligue des Champions, la hiérarchie se construit sur l’apport global autant que sur le nombre de buts. À l’approche d’une seconde moitié de saison décisive, Gyökeres devra démontrer qu’il peut s’adapter et devenir un maillon essentiel, au-delà de son rôle de finisseur.
Viktor Gyökeres est-il réellement à la hauteur des attentes ? Le débat est ouvert dans l’espace commentaires.








