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Tout semblait sourire à Liverpool. Invaincus, leaders incontestés de la Premier League, les Reds d’Arne Slot affichaient une avance confortable et une dynamique de champion. Pourtant, derrière les chiffres flatteurs, les signaux faibles se multipliaient. Deux semaines plus tard, le rêve s’est fissuré : trois défaites consécutives, un jeu en panne d’inspiration et un Mohamed Salah méconnaissable. Comment en est-on arrivé là ?

Une domination trompeuse

Début septembre, Liverpool survolait le championnat, mais la réussite tenait plus du miracle que de la maîtrise. Quatre victoires arrachées après la 80e minute, des buts salvateurs en Ligue des champions et en Carabao Cup : les Reds vivaient sur un fil.
Cette marge de manœuvre s’est effondrée brutalement. Deux défaites en championnat dans les arrêts de jeu, puis une claque contre Galatasaray : un enchaînement inédit depuis 2023. Arne Slot, jusque-là auréolé de réussite, vit ses premiers vrais remous sur le banc d’Anfield.

Des choix tactiques déconcertants

Malgré un départ parfait, le technicien néerlandais n’a cessé de bousculer son onze. Contre Crystal Palace, il a remanié son système. Face à Galatasaray, il a déplacé Szoboszlai en latéral droit, décalé Frimpong en ailier, puis relégué Wirtz, sa recrue vedette à 125 millions d’euros, sur le banc contre Chelsea.
Ces expérimentations ont semé le doute : Liverpool sait-il encore quel est son meilleur visage ?

Salah, le symbole du malaise

Difficile de ne pas pointer Mohamed Salah. L’attaquant égyptien, habituellement moteur de l’attaque, traverse l’un des passages les plus ternes de sa carrière. Ses statistiques offensives ont chuté de moitié par rapport à la saison passée.
Il tire moins, crée moins, pèse moins. Avec seulement 11 tirs non pénalisés après sept matchs, Salah est très loin de ses standards habituels.
Et comme souvent à Liverpool : quand Salah s’éteint, tout le collectif perd en tranchant.

Déclin physique ou déséquilibre tactique ?

À 33 ans, certains y voient le poids des années. Pourtant, les données physiques racontent autre chose : sa vitesse et son volume de courses restent stables. Le vrai problème se situe ailleurs – dans la structure même du jeu.
Liverpool touche moins de ballons dans le dernier tiers, et surtout, Salah n’a plus son complice de toujours : Trent Alexander-Arnold. Leur duo, sans doute le plus redoutable d’Angleterre, portait la création et la progression sur le flanc droit. Sans lui, le lien s’est brisé.

L’après-Alexander-Arnold : un vide à combler

Florian Wirtz devait symboliser la transition, un meneur moderne capable de faire le pont entre le milieu et l’attaque. Mais son intégration reste timide. Actif dans le pressing, bon dans la construction, il peine à peser près du but.
Résultat : Liverpool est devenu plus équilibré, mais moins dangereux. Le ballon passe davantage par la gauche, Gakpo multiplie les touches, tandis que le flanc droit – jadis arme fatale – s’est mué en simple zone de circulation.

Salah, une mue nécessaire ?

Peut-être est-il temps pour Salah d’évoluer. Moins percutant balle au pied, il pourrait glisser vers un rôle plus axial, proche du but, à côté d’un Alexander Isak, soutenu par Wirtz.
Mais au-delà de l’âge, c’est bien l’environnement qui a changé : sans Alexander-Arnold ni Szoboszlai dans leur triangle magique, Salah a perdu le cadre qui sublimait son jeu.

Un duo à reconstruire

Pour que Liverpool retrouve sa dynamique d’élite, Salah devra créer une nouvelle alchimie, probablement avec Wirtz. Mais les automatismes demandent du temps :
Alexander-Arnold et Salah, c’est plus de 3 000 passes échangées en Premier League.
Avec Wirtz ? À peine 45.

Liverpool traverse une période paradoxale : toujours compétitif, mais en quête de repères. Ce n’est ni une crise, ni une fin de cycle, mais un tournant. L’ère Salah–Alexander-Arnold semble toucher à sa fin, et Arne Slot doit maintenant réinventer un collectif où l’identité offensive renaît autrement.
Tout dépendra d’une chose : la capacité de Mohamed Salah à se réinventer une dernière fois. Car tant que l’Égyptien ne rejouera pas comme Mohamed Salah, tout le reste ne sera que détails.

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