L’aventure de Xabi Alonso sur le banc du Real Madrid aura été aussi brève que déroutante. Arrivé avec l’étiquette d’entraîneur prometteur, l’ancien coach du Bayer Leverkusen a été remercié après un peu plus de six mois, au lendemain de la défaite en Supercoupe d’Espagne face au FC Barcelone (2-3). Une décision actée par Florentino Pérez, qui a laissé Alonso à la fois surpris et amer.
Sur le plan des résultats, rien ne laissait pourtant présager une fin aussi rapide. En 27 matchs dirigés, le technicien espagnol n’en avait perdu que cinq. Mais au Real Madrid, les chiffres ne suffisent pas toujours. La défaite face au Barça, symbolique et coûteuse en trophée, a servi de point de rupture.
Selon Marca, si la direction du club préparait ce scénario depuis plusieurs semaines, Xabi Alonso, lui, ne s’attendait pas à une éviction aussi brutale. D’autant plus que son contrat courait jusqu’en juin 2028 et que le Real avait déboursé près de huit millions d’euros pour le libérer du Bayer Leverkusen. Pour l’entraîneur, ces éléments représentaient une marque de confiance. Avec le recul, il estime s’être trompé.
Une nomination précipitée, premier point de friction
Le malaise remonte en réalité à son arrivée. Toujours d’après le quotidien espagnol, Alonso aurait été pressé d’accepter le poste avant le Mondial des clubs. Un timing qu’il n’avait pas souhaité. Il aurait préféré disposer de davantage de temps pour préparer son équipe, poser ses principes et travailler en profondeur. La compétition internationale, en réduisant considérablement la pré-saison, a limité ses possibilités de mise en place tactique, un aspect pourtant central dans son approche du jeu.
Autre sujet de frustration : le mercato. Xabi Alonso avait identifié des besoins précis, notamment deux défenseurs centraux et un milieu capable d’organiser le jeu et de compenser les départs de Toni Kroos et Luka Modric. Ses demandes sont restées sans suite, renforçant son sentiment de ne pas être pleinement soutenu.
L’épisode Vinicius, point de non-retour
Mais c’est un épisode précis qui aurait définitivement creusé le fossé. Lors d’un Clasico remporté face au FC Barcelone en Liga (2-1), Vinicius Junior avait très mal réagi à son remplacement. Xabi Alonso attendait un soutien clair de sa direction. Il n’est jamais venu. Florentino Pérez a choisi de protéger son joueur, laissant son entraîneur seul face à la situation.
À partir de là, Alonso aurait compris que leurs visions étaient incompatibles. D’un côté, un entraîneur convaincu que la réussite se construit sur le collectif et la continuité, citant en exemple le Paris Saint-Germain sacré en Ligue des champions après avoir tourné la page des stars. De l’autre, un président fidèle à une politique d’accumulation de talents et de noms prestigieux.
Xabi Alonso pensait pouvoir infléchir cette culture de l’intérieur. Il s’est heurté à une réalité bien connue à Madrid : le pouvoir reste concentré entre les mains du président… et de ses joueurs majeurs. Son successeur, Álvaro








